LoiLATMP
TitreII LA NOTION DE LÉSION PROFESSIONNELLE: ART. 2, 25 À 31
Section4. Maladie professionnelle: art. 2, al. 15, 29 et 30
4.2 Article 30
4.2.2 Maladie reliée aux risques particuliers du travail
4.2.2.07 Les «.... ites»
Titre du document4.2.2.07.7 La ténosynovite
Mise à jour2011-11-01


Maladies reconnues

Ténosynovite à la main. Reconditionneur de cuve qui fait usage de scie à chaîne pour aluminium, d'une déboulonneuse, d'une sableuse et d'une masse. Il est admis que le travailleur n'exécute pas des mouvements répétitifs sur des périodes de temps prolongées. La lésion diagnostiquée ne résulte pas exclusivement de la fragilité particulière du travailleur mais découle aussi des microtraumatismes inhérents aux tâches exercées dans le cadre du travail: Juneau et S.E.C.A.L., 43782-02-9209, 94-11-03, P. Brazeau.

Ténosynovite du long fléchisseur du pouce gauche et ostéome ostéoïde. Garçon de table. Pendant des années, le travailleur a fait reposer le poids des assiettes et ustensiles sur la face palmaire de la première phalange du pouce gauche et sur l'index, en plus d'effectuer des mouvements répétitifs, soit des flexions du pouce pour essuyer les ustensiles. La ténosynovite a favorisé l'apparition de l'ostéome qui est reliée à un phénomène irritatif selon le médecin du travailleur: Moreno et Canadien Pacifique, [1995] C.A.L.P. 564.

Maladies non reconnues

Ténosynovite des fléchisseurs profonds des 3e et 4e rayons. Téléphoniste. La ténosynovite n'est pas reliée aux risques particuliers de ce travail. Risques ergonomiques, organisationnels et psychosociaux non établis. Aucune des études épidémiologiques déposées ne supporte l'existence d'une relation entre la ténosynovite des doigts et le travail de téléphoniste. Le mode opératoire de ce poste ne comporte pas de facteur de risque. Il est reconnu que les lésions musculo-squelettiques résultent normalement de la combinaison de plusieurs facteurs, dont la répétitivité, l'effort soutenu, les postures contraignantes et l'absence de récupération possible. La séquence d'apparition, de disparition et de réapparition de la symptomatologie ne favorise pas la reconnaissance d'une relation entre la ténosynovite et le travail: Sénécal et Bell Canada, 21234-60-9008, 97-07-25, J. L'Heureux.

Ténosynovite de De Quervain. Machiniste. Bien que l'utilisation du «Jarvis» nécessite une position du pouce avec déviation du poignet qui implique le long abducteur et le court extenseur du pouce, cette position ne présente pas des caractéristiques pouvant donner lieu à une inflammation. Le travailleur n'a pas à exécuter de mouvements répétés, ou avec force, ou continus, mais un mouvement nécessitant une certaine flexibilité des poignets, avec interruption permettant le repos des structures anatomiques concernées. Le travailleur fait le même travail depuis 30 ans. Si l'utilisation de l'appareil était à l'origine de la pathologie, elle serait apparue bien avant. De plus, la pathologie ne s'est pas améliorée durant l'arrêt de travail de deux mois. Une autre cause que le travail peut avoir causé cette maladie, dont le diabète: Duceppe et Emballages Consumers inc., 68487-60-9504, 99-02-23, M. Cuddihy.

Ténosynovite sténosante au pouce gauche. Opératrice de machine à coudre depuis 11 ans. Il s'agit de gestes répétés. Quant à la nature des gestes, ils constituent des facteurs de risque eu égard à la lésion. Dans la fonction de tourner les pointes, le pouce de la main gauche effectue des mouvements de flexion et subit des pressions. De plus, il est sollicité dans le mouvement de pinces effectué pour tenir, pousser et tourner le matériel concerné. Il en est de même pour tenir les collets qui doivent être cousus aux vestons. L'absence de repos complet et de traitements durant la période de janvier à avril 1998, ainsi que la sollicitation du pouce durant la tâche de couture, et ce, même à un degré moindre, ont fait en sorte que le pouce gauche a bloqué le 29 avril 1998, d'autant plus que la travailleuse a effectué des heures supplémentaires durant cette même période. Les symptômes ont débuté en 1996, soit à une période où elle était particulièrement assignée à la tâche de tourner les pointes, tâche qui causait le plus de douleurs. Cette pathologie s'est manifestée graduellement entre 1996 et 1998. Le travail alors exécuté a été le facteur déclenchant et constitue un facteur de risque eu égard à la pathologie diagnostiquée: Chher et Les vêtements Golden Brand ltée, 128373-71-9912, 00-10-02, A. Suicco.

Les ténosynovites sténosantes des deux majeurs dont la travailleuse a souffert ne sont pas reliées aux risques particuliers de son travail d'emballeuse. Les mouvements effectués ne correspondent pas aux types de mouvements qui sont associés à cette maladie, soit des gestes de préhension avec force et répétitivité. Il s'agit plutôt d'une maladie rhumatoïde qui n'a pas été aggravée par le travail étant donné l'absence de lien entre les gestes posés et la manifestation de ténosynovites sténosantes des majeurs: Dyne-A-Pak inc. et Carrière, 240028-64-0407, 06-11-27, M. Montplaisir, (06LP-219).

Ténosynovite de De Quervain. Serveuse. Les mouvements effectués par la travailleuse, bien qu’ils sollicitent les tendons concernés du pouce gauche, ne sont pas en soi des risques particuliers du travail puisqu'ils ne sont pas suffisamment répétés pour solliciter de façon indue, au-delà de leurs limites physiologiques, les structures anatomiques concernées. Bien que durant le service du dîner, de 12 h à 14 h, la travailleuse puisse servir de 30 à 40 clients et qu'elle utilise, à cette occasion, un gros cabaret pour transporter les assiettes, il ne s’agit pas de mouvements répétitifs. Entre chaque service, la récupération des structures anatomiques sollicitées apparaît être largement suffisante faute d’une preuve médicale contraire. De plus, dans l’après-midi, l’achalandage est moins important et elle s’adonne à d’autres tâches que le service aux tables. D'autre part, aucune preuve médicale ne démontre que les mouvements exécutés pour tenir le gros cabaret ou les assiettes ont généré des microtraumatismes aux tendons concernés sur des périodes de temps prolongées pour causer des lésions successives qui ont conduit à la ténosynovite de De Quervain. En l’absence de tout changement dans la charge ou les conditions de travail, il ne peut être reconnu que ce qui était normal, faute de preuve contraire, devienne à risque pour la travailleuse, une experte dans son domaine depuis 30 ans: Restaurant Mikes et Henri, 280759-08-0601, 07-04-18, P. Prégent.